Le cinéaste burkinabé Gaston Kaboré est actuellement en visite au Cambodge afin d’étudier la possibilité d’une coopération « sud-sud » entre le Burkina Faso et le Cambodge dans le domaine du cinéma, de la formation et du patrimoine audiovisuel.
Dans l’objectif de mettre en place un centre dédié à la formation et au patrimoine audiovisuel à Ouagadougou, M. Kaboré s’est entretenu avec le cinéaste Rithy Panh, rencontré à Paris il y a plus de 20 ans, de son expérience de création du centre de ressources audiovisuelles Bophana, un projet-pilote qui pourrait servir d’exemple à d’autres pays du Sud.
Gaston Kaboré dirige aujourd’hui, à Ouagadougou, l’institut Imagine, créé en 2003 et dédié à la formation aux métiers de l’image et du son. Il entend concevoir l’établissement, à l’instar du Centre Bophana, comme un lieu d’échanges autour de la mémoire collective et du patrimoine audiovisuel.
Lors de sa visite à Phnom Penh, le cinéaste africain s’est également entretenu avec plusieurs responsables officiels cambodgiens, dont M. SOM Sokhun, Secrétaire d’Etat en charge du Cinéma et M. SENG Saoth, responsable des relations extérieures du Ministère de la Culture. Il a également rencontré le directeur du département du cinéma, M. KONG Kantara et a accordé des interviews à certains acteurs du secteur audiovisuel au Cambodge (RFI, Apsara TV).
Deux projections des long métrages de Gaston Kaboré, « Rabi » et « Budd Yam » (Grand Prix du Fespaco 1997), ont été organisées, les 23 et 25 juillet, au centre Bophana, à l’issue desquelles le cinéaste a pu dialoguer avec un public qui s’est montré très sensible à son travail.
Cette mission a permis aux deux cinéastes, Gaston Kaboré et Rithy Panh, de prendre conscience de la nécessité d’unir leurs compétences et expériences afin de mettre en avant de nouvelles possibilités d’élargir leur champ d’action respectif. Il s’agira pour le centre Imagine de se doter d’un système de numérisation des archives audiovisuelles suivant l’exemple du centre Bophana. Inversement, le centre Bophana pourra s’inspirer du système d’ « ateliers à la carte » déjà mis en place par l’Institut Imagine.
Cette mutualisation des deux ingénieries « formation » et « numérisation » fonde les bases d’un projet exemplaire de coopération « Sud-Sud ».
Phnom Penh, le 27 juillet 2007
