Vernissage de l’exposition "Connaître Le Corbusier" à l’Institut français (05/11/2015)

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Il y a tout juste un mois, je me trouvais ici même pour la remise des prix aux étudiants ayant participé au concours d’architecture de l’Institut français. J’avais alors été impressionné par l’enthousiasme des étudiants et la qualité de leur travail.

Ceux d’entre vous qui étaient présents se souviennent que le thème choisi pour ce concours, « l’immeuble-villa », était un hommage à Le Corbusier, dont nous commémorons en 2015 le 50ème anniversaire de la disparition. Cette commémoration a donné lieu, tout au long de l’année, à de nombreuses manifestations et expositions dans des lieux prestigieux, en France et à travers le monde.

Je me réjouis que le Cambodge fasse partie des pays accueillant une exposition sur ce grand architecte, né en Suisse en 1887 et devenu citoyen français en 1930. Cette exposition, réalisée par la Fondation Le Corbusier et le ministère français de la culture et de la communication, explore tous les aspects de son génie créatif. Architecte et urbaniste visionnaire, théoricien de la modernité, mais aussi peintre, sculpteur, designer, lithographe et écrivain, Le Corbusier a profondément marqué le 20ème siècle en bouleversant la création architecturale et la façon « d’habiter ».

Malgré les controverses qu’il a suscitées et continue de susciter, Le Corbusier est devenu un mythe. Les générations qui lui ont succédé n’ont en effet jamais cessé soit de s’y référer soit de le réfuter. André Malraux, alors ministre de la culture, avait d’ailleurs lui-même évoqué dans son discours lors des obsèques nationales de Le Corbusier l’hommage des pays dans lesquels il avait construit et l’hostilité dont il avait été constamment l’objet au cours de sa carrière d’architecte.

Cette dimension historique d’un architecte qui a marqué son époque justifie que la France ait engagé une démarche pour que son œuvre architecturale soit inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, aux côtés de celle d’autres grands architectes du XXème siècle : Gaudi, le Bauhaus, Barragan, Rietveld, Mies van der Rohe ou encore Auguste Perret. Cette demande, qui sera examinée en juillet 2016, présente un caractère tout à fait original puisqu’elle concerne dix-sept bâtiments ou ensembles de bâtiments situés, non seulement en France où ils sont déjà protégés au titre des monuments historiques, mais aussi dans six autres pays sur trois continents. Il s’agit d’une première pour ce genre de classement.

Le Cambodge, doté d’un patrimoine exceptionnel, sera, je l’espère, sensible à cette démarche, d’autant que ses richesses architecturales comprennent bien sûr les constructions angkoriennes mais aussi un certain nombre de réalisations de l’époque moderne, notamment celles qu’il doit à M. Van Molyvann, grand architecte souvent qualifié de « Le Corbusier » cambodgien.

L’Institut français poursuit ainsi son cycle « Vivre ensemble », consacré aux thématiques de l’urbanisme, de l’architecture et de l’habitat, et qui a donné lieu au concours que j’évoquais, à la projection de films documentaires et de fiction ainsi qu’à plusieurs conférences de spécialistes. J’appelle votre attention sur le dernier rendez-vous de ce cycle, la conférence que donnera ici, le 10 novembre, M. Yamana Yoshiyuki, architecte, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville et professeur à l’Université des Sciences de Tokyo, qui nous éclairera sur la rencontre fructueuse entre Le Corbusier et l’Asie.

Enfin, je voudrais remercier tous ceux qui, en France et au Cambodge, ont contribué à la réalisation de cette exposition, à laquelle je souhaite plein succès.

Je vous remercie.

Dernière modification : 06/11/2015

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