Ouverture du festival Photo Phnom Penh 2015 (31/01/2015)

Je suis heureux d’être parmi vous pour l’ouverture de la 7ème édition de Photo Phnom Penh. Depuis mon arrivée au Cambodge, il y a maintenant sept mois, j’entends beaucoup parler de cette manifestation, à l’évidence l’une des plus importantes et les plus attendues du calendrier culturel de Phnom Penh.

En constatant le caractère ambitieux de ce festival, je comprends maintenant pourquoi. Cette ambition, c’est d’abord et ceci depuis le début en 2008, celle de valoriser la création contemporaine. Avec près de 120 photographes du monde entier exposés depuis la première édition, Photo Phnom Penh a su faire découvrir des expressions contemporaines originales.

Sa programmation a toujours été soucieuse de montrer les différentes approches et sensibilités graphiques et plastiques de la photographie d’aujourd’hui, sa richesse et ses évolutions et ainsi mettre en images la diversité culturelle, à laquelle la France est très attachée. Photo Phnom Penh est ainsi, peu à peu, devenu un rendez-vous important des photographes venant de pays aussi divers que le Népal, les Pays-Bas ou le Maroc.

Par ailleurs, et ceci mérite d’être relevé, le festival a toujours fait le choix ne pas céder à la tentation d’exposer la seule photographie de référence en consacrant une part significative de sa programmation à la promotion de la jeune photographie.

Le festival favorise aussi le dialogue entre photographes comme dans le cadre du programme Intersection, qui permet à des artistes venus d’Europe et d’Asie d’échanger sur leur travail. Cette rencontre, soutenue par l’Union européenne, que je remercie, leur donne la possibilité de croiser leurs regards et leurs techniques jusqu’à produire, ensemble, des séries inédites. Photo Phnom Penh joue ainsi un rôle significatif dans la construction de réseaux durables entre créateurs et opérateurs culturels du monde entier.

Comme ailleurs, la coopération française accorde une place centrale à la formation et au renforcement des capacités professionnelles. Né en même temps que le festival, le « Studio Images », animé par des professionnels cambodgiens et français, a largement contribué à l’émergence de la photographie cambodgienne. Mak Remissa et Tang Chhin Sothy qui ont été formés à cette école, sont aujourd’hui deux professionnels respectés travaillant pour des agences internationales.

En 2011, le musée du Quai Branly, dans le cadre de « Photoquai » a présenté deux Cambodgiens formés par le studio Images, Kim Hak et Philong Sovan. Ce dernier, qui joue aujourd’hui un rôle essentiel dans l’organisation du festival, a également remporté le Grand Prix Samaritaine de la Jeune Photographie en 2013.

Mak Remissa et Philong Sovan enseignent à leur tour au « Studio Images ». En 2015, grâce à un partenariat entre l’Institut français et la société Cambodia Airports, c’est-à-dire le groupe Vinci, des photographes tels qu’Alban Lécuyer, exposé dans le cadre de cette édition, animeront, au cours de résidences, des ateliers avec les étudiants du « Studio Images ». Il me plait de souligner ici la dimension tout à fait significative d’un partenariat public-privé, qui donne toutes ses chances à une belle entreprise de se développer.

A un moment où l’image est omniprésente dans notre espace de vie, il est essentiel de fournir des éléments de lecture à une jeunesse fascinée et peut-être aussi saturée par celle-ci. A cet égard, l’enrichissement de la section photographie de la Médiathèque de l’Institut français, grâce à un don de près de 700 livres du festival « Les rencontres d’Arles », participe de cette démarche. Les photographes et ceux qui veulent le devenir ont maintenant à leur disposition le fonds documentaire sur la photographie le plus riche d’Asie du Sud-Est. Je tiens ici à remercier publiquement les responsables des rencontres d’Arles pour ce formidable cadeau ainsi que Christian Caujolle, directeur artistique du festival, dont l’intervention à ce sujet fut déterminante.

Aujourd’hui, le festival a atteint sa maturité et il est apparu opportun à l’Institut français, fidèle à sa vocation de coopération, de passer le relais aux professionnels cambodgiens. « Photo Phnom Penh Association », association de jeunes photographes, a été constituée sous la présidence de Mme Sylvia Sisowath et la vice-présidence de Sovan Philong.

La présence de bénévoles très dynamiques autour de Sovan Philong pour l’organisation de cette édition, aux côtés d’une équipe de l’IFC toujours très mobilisée, témoigne de la volonté et de l’envie de l’association de faire vivre et fructifier cet événement. Leur engagement est une des conditions essentielles du développement de Photo Phnom Penh. Je leur dis, et avec moi toute l’équipe de l’Institut français, BRAVO ! Bravo pour votre mobilisation et pour votre enthousiasme.

Une autre condition de succès est le soutien des autorités cambodgiennes à cette entreprise, dont la double vocation est d’offrir au public le plus large un accès facilité à la création artistique contemporaine et de favoriser le développement de cette dernière.

Le parrainage du Ministère de la Culture et des Beaux Arts, nouveauté pour cette 7e édition, constitue un encouragement appréciable pour les organisateurs du festival, tout particulièrement pour la jeune association qui préside dorénavant à sa destinée.

Je remercie enfin la municipalité de Phnom Penh qui a autorisé les expositions dans l’espace public. Celles-ci sont la signature du festival. Leur développement pour les prochaines éditions permettrait de renforcer encore la notoriété et l’impact du festival et servirait l’image d’une capitale en pleine mutation et désireuse de promouvoir la création culturelle et artistique.

Ma gratitude va à tous les partenaires, institutionnels comme privés qui, à des degrés divers, ont tous rendu possible cette manifestation.

Je vous remercie et je passe maintenant la parole à Christian Caujolle dont nous connaissons tous le rôle éminent qu’il joue dans la programmation du festival. Je le laisse nous dire quels sont les choix qui ont présidé à la sélection des photographes de cette 7ème édition.

Dernière modification : 15/07/2015

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