Les relations économiques franco-cambodgiennes

Sources 2014 pour l’ensemble des données chiffrées : Douanes Françaises, Banque Mondiale et Conseil pour le Développement du Cambodge, sauf précision contraire

1.L’économie cambodgienne en bref :

Quelques indicateurs :
- PIB : 16,78 Mds USD
- Dette publique : 28,9 % du PIB
- Taux de croissance : 7,1 %
- Taux d’inflation : 3,8 %
- PIB par habitant : 1091,5 USD
- Taux de chômage : 0,2 % (2011, Banque mondiale)
- Balance commerciale : - 2,9 Mds USD (2014, DG Trésor)
- Principaux clients : Chine, États-Unis, Union européenne, Singapour, Royaume-Uni.
- Principaux fournisseurs : Chine, Vietnam, Thaïlande, Japon.

Tendance générale :
Malgré une conjoncture internationale maussade, l’économie du Cambodge reste dynamique et connaît une croissance régulière, soutenue par une forte dollarisation qui assure la stabilité de son régime de change (mais limite ses possibilités de mener une politique monétaire autonome), des exportations robustes et une augmentation de la demande intérieure. En 2014, cette croissance a été de 7,1%.
Le pays présente donc de bons fondamentaux mais reste vulnérable aux chocs affectant les quatre piliers de son économie : l’industrie textile, le tourisme, l’immobilier et l’agriculture. Le Cambodge doit maintenant entamer sa diversification ce qui lui permettrait de réduire également la part de l’aide internationale dans son budget. En effet, le déficit des paiements courants, qui représente 13,4% du PIB, est couvert par l’aide au développement (724 millions de dollars, dont 2/3 de dons), les investissements directs étrangers (1,3 milliards de dollars) et les flux nets d’investissements de portefeuille (600 millions de dollars).

Les principaux points forts du Cambodge :
- Le Cambodge est l’une des économies les plus ouvertes d’Asie. Membre de l’OMC et de l’ASEAN, il offre la possibilité d’entrer sur le marché asiatique.
- L’émergence d’une classe moyenne constitue une demande potentielle pour des biens de consommation et des services.
- C’est une économie dynamique avec un taux de croissance de 7,1% en 2014.

2.Structure de l’économie du Cambodge

Une économie à 4 piliers :
- La confection  : Un secteur clé (1/3 du PIB en 2013) et qui emploie plus de 500 000 personnes et représente 80% des exportations du pays (5,5Mds USD en 2013).
- Le tourisme : Avec plus de 4,2 million de touristes en 2013, dont environ 120 000 français, c’est un secteur en pleine croissance, qui représente 26% du PIB en 2012.
-  L’agriculture  : Comptant pour environ 30% du PIB, les exportations du secteur ont crû ces 5 dernières années, notamment vers l’UE (programme Tout Sauf les Armes). En 2013, le riz cambodgien a été élu meilleur riz au monde, pour la 2ème année consécutive.
- La construction et l’immobilier : Secteur dynamique qui attire de plus en plus d’investissements, majoritairement asiatiques (chinois et japonais), avec de nombreux projets d’envergure en cours : centres commerciaux, hôtels, condominiums.

Il reste au Cambodge de nombreux défis à relever …
-  La vulnérabilité aux chocs  : Le peu de diversification de l’économie, le manque de main d’œuvre qualifiée ainsi que la faiblesse des infrastructures du pays le rendent vulnérable aux chocs économiques externes ou aux catastrophes naturelles. Il en va de même pour le déficit structurel de la balance commerciale (-2,9 Mds USD en 2014) dont la couverture dépend de la confiance qu’investisseurs et bailleurs internationaux ont dans le pays.
- La corruption  : Le Cambodge occupe en 2015 la 150ème place du classement Transparency International. Parmi les facteurs explicatifs est notamment citée la gouvernance de l’Etat. Cependant, les récentes mesures prises par le gouvernement sont encourageantes (adoption d’une loi et création d’une unité « anti-corruption » en 2011).
- La dépendance aux importations  : N’étant pas doté d’industries agroalimentaire et pétrolière suffisantes, le pays est dépendant aux importations de produits alimentaires pétroliers et de produits liés à la construction.
- La fragilité du système bancaire  : Une douzaine de grandes banques détient environ 40% des dépôts. Or elles sont considérées comme fragiles (pour cause de sous-capitalisation et de régulation insuffisante) et menacent ainsi la stabilité financière du pays.

… mais ses récents progrès sont encourageants
- Réduction de la pauvreté  : Le Royaume a atteint les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en matière de réduction de la pauvreté, signant ainsi l’une des meilleures performances au monde, grâce à une augmentation sensible des revenus domestiques et à une amélioration des indicateurs sociaux. En effet, le nombre de Cambodgiens vivant dans l’extrême pauvreté (moins de 1,15 USD / jour) a chuté de 53% en 2004 à 20,5% en 2011 (chiffres Banque Mondiale).
- Les projets du gouvernement  : Le gouvernement cambodgien a adopté une « stratégie quadrangulaire » qui prévoit de mettre l’accent sur le secteur agricole ; d’assurer la croissance du secteur privé et du marché de l’emploi ; d’encourager les nouvelles infrastructures ; et de valoriser une main d’œuvre jeune et dynamique. Il travaille également sur le cadre juridique afin d’améliorer l’environnement des affaires. Enfin, conscient de sa dépendance à l’import, il a impulsé un début de diversification industrielle.
- Des infrastructures en cours de développement : Les programmes de coopération économique (comme le Greater Mekong Subregion) ainsi que le rôle important joué par les grands bailleurs de fonds (Banque Mondiale, UE, JICA, AFD) contribuent à améliorer le réseau d‘infrastructures.

Le domaine des transports
- Transport aérien  : Le Cambodge compte aujourd’hui 3 aéroports internationaux, Phnom Penh, Siem Reap et Sihanoukville.
- Transport ferroviaire : La ligne (266 km) qui relie Phnom Penh à Sihanoukville est ouverte au trafic de marchandise.
- Transport maritime : Le principal port maritime en eau peu profonde (7 mètres), est le port autonome de Sihanoukville (situé à 230 km de Phnom Penh).
-  Transport fluviaux : Le seul grand port fluvial du Cambodge est le port autonome de Phnom Penh (eau peu profonde), situé à 332 km de la mer et 100 km de la frontière vietnamienne.
- Les transports urbains  : A ce jour, il n’existe qu’une seule ligne de bus dans la capitale (projet pilote mené par JICA). Une étude du français SYSTRA recommande la construction d’une ligne de tramway, en complément des systèmes de bus qui pourraient être mis en place.

3. Relations économiques avec la France

En bref :
- Exportations de la France vers le Cambodge : 69 MEUR
- Importations françaises depuis le Cambodge : 397 MEUR
- Part de marché détenue par la France : 0,6%
- Rang de la France dans les exportations totales du pays : 9ème (2013, Trésor)
- Rang de la France dans les importations totales du pays : 14ème (2013, Trésor)

Etat des lieux du commerce extérieur
- La confection est la première industrie exportatrice : Elle représente 85% des exportations, principalement à destination de l’Europe (programme « tous sauf les armes » -ou TSA- qui prévoit absence de taxes douanières et de quotas ) et des Etats-Unis.
- L’agriculture constitue le deuxième poste d’exportation du pays : L’export de produits agroalimentaire s’élevait à 45MEUR en 2014, ce qui représente une hausse de 13% par rapport à l’année précédente.

Exportation de la France vers le Cambodge
- Le poids de la France dans les importations du Cambodge reste limité. En 2013, les exportations de la France vers le Cambodge représentent 64,6 MEUR. Ces chiffres sont certainement sous-estimés de 30 à 50 % en raison du transit de nombreux produits par des plateformes logistiques telles que le Vietnam, la Thaïlande et surtout Singapour.
- Les produits pharmaceutiques sont le premier poste d’exportations : En dépit de la concurrence croissante des médicaments asiatiques (bon marché mais souvent contrefaits), les produits français sont populaires et représentent 26 MEUR en 2014. Ils constituent 35% des exportations de la France vers le Cambodge.
- L’agroalimentaire constitue le deuxième poste d’exportation de la France  : Avec une valeur de 25 MEUR en 2014, représentant 30% du total des exportations de la France vers le Cambodge, ces produits bénéficient d’une très bonne image au Cambodge
- L’équipement mécanique et le matériel électrique, électronique et informatique, en recul en 2014 : Ces exportations ne représentaient plus que 6 MEUR en 2014, contre10 MEUR en 2013.

Exportations du Cambodge vers la France
- Importations de produits cambodgiens : En 2013, la France a importé pour 288 MEUR de produits cambodgiens, soit une augmentation de 157% en 3 ans (112 MEUR en 2010). Il en resulte un déficit commercial de 223 MEUR.
- La confection, premier poste d’importations : Grâce au programme TSA, la confection et les chaussures dominent les importations, avec 233,7 MEUR (soit 81,1% du total d’import en provenance du Cambodge), et une progression de 40,4% par rapport à 2012.
- Les produits agroalimentaires sont le deuxième poste d’importations : Dominé par le riz, ce poste représente 39,9 MEUR en 2013 (+22% par rapport à 2012).

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Ventilation des exportations du Cambodge vers la France : 288 Millions d’euros (source douanes françaises)

4. Présence française dans l’économie cambodgienne

Un pays attractif
- Un climat favorable aux investissements  : En raison d’une politique commerciale très libérale, l’accès au marché cambodgien est aisé. De plus, les droits de douanes du pays sont relativement peu élevés : de l’ordre de 0 à 7 % pour les produits de première nécessité ou pharmaceutiques, de 15 % pour les produits industriels importés et de 35% pour les produits pétroliers, voitures et cigarettes. De plus, il n’est pas requis de s’associer à un partenaire local, ce qui facilite l’implantation d’entreprises étrangères.
-  Des impôts modérés  : La fiscalité des entreprises est modérée, l’impôt sur les sociétés s’élevant à 20%. Une taxe sur le profit anticipé à hauteur de 1% du chiffre d’affaires doit également être payée chaque mois. Le taux standard de la TVA est de 10%. Les exportations, elles, ne sont pas assujetties à la TVA.
-  Des opportunités  : le pays a réduit son taux de pauvreté de 43 à 20% depuis 2004 et une classe moyenne urbaine apparaît. Les besoins évoluent rapidement vers un mode de vie et de consommation qui peut permettre à l’offre française de jouer un rôle plus conséquent dans les années qui viennent. Au terme d’une phase de reconstruction des infrastructures de base où les entreprises asiatiques ont réalisé l’immense majorité des projets, le nécessaire équipement des villes en matière d’adduction d’eau, d’assainissement, de traitement des déchets, d’énergie et de transports publics donne l’occasion aux entreprises françaises de mettre en avant leur savoir-faire, leur technologie et leur approche responsable des questions de développement. Par exemple, CITELUM, filiale d’EDF, vient de remporter le contrat de réhabilitation de l’éclairage de la capitale, pour un montant avoisinant 45 millions d’euros.

La présence française
- Nombre d’entreprises françaises dans le pays  : Une cinquantaine (filiales, succursales ou bureaux de représentation), ainsi qu’une centaine de PME indépendantes dirigées ou contrôlées par des Français
- Part de marché de la France dans le pays  : 0,6% (2014) (2ème pays européen en part de marché, après l’Allemagne). Il est à noter que dans le secteur des pharmaceutiques, la France représente 5% de part de marché, et 15% dans le pétrole lubrifiant.
- Quelques grands groupes français implantés au Cambodge : Total, Vinci (dont la filière SCA Cambodia airports gère les 3 aéroports internationaux), Accor, Bolore, Sanofi, Alstom, Bred, Golden Rice et Anduriz (riziculture), EDF, Marbour (traders), …
- Une communauté française dynamique : Les 7000 français au Cambodge sont entreprenants, avec la création de nombreuses entreprises de droit cambodgien dans le domaine des services, et particulièrement dans la restauration.

Pour plus de renseignements :
- Le site d’Ubifrance au Cambodge
- Le site de la Chambre de Commerce Française au Cambodge
- Les pages Cambodge du site de la Direction Générale du Trésor
- Site du Conseil pour le Développement du Cambodge

Dernière modification : 08/02/2016

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