Inauguration du nouveau cinéma numérisé de l’Institut français du Cambodge (17/09/2015)

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Excellence Mme Phoeung Sackona, Ministre de la culture et des beaux-arts,
Cher Rithy Panh,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Nous sommes donc réunis ce soir pour l’inauguration de la nouvelle salle numérisée de l’Institut français du Cambodge.

A l’instar de nombreux instituts français à travers le monde, celui de Phnom Penh a la chance d’être doté d’une salle qui constitue un outil essentiel de la diffusion du patrimoine cinématographique et notamment du patrimoine français, qui assure la promotion des films récents français, francophones et des pays du Sud et qui participe au rayonnement international de notre industrie de l’image.

Pour continuer à proposer au public des programmes cinématographiques de qualité dans les meilleures conditions, il est apparu essentiel au Ministère des affaires étrangères de lancer un vaste plan d’équipement de numérisation de ces salles afin qu’elles puissent maintenir leur rang au côté des salles commerciales.

16 premières salles ont ainsi bénéficié d’un tel équipement sur tous les continents, dont celle de Phnom Penh. D’autres suivront pour atteindre un total de 30 salles d’ici la fin 2016.

La numérisation des salles permet non seulement d’améliorer la qualité des projections, mais encore et surtout d’ancrer celles-ci dans les techniques d’avenir : l’Institut français du Cambodge pourra désormais accéder à l’offre de cinéma numérique et continuer à offrir de nombreuses propositions culturelles. Des films, bien sûr, mais pas uniquement : la technologie permet dorénavant de retransmettre des événements culturels en direct, ce que nous espérons pouvoir faire à l’avenir.

Cette volonté de soutenir le cinéma en général et la production française en particulier n’est pas nouvelle. La promotion du cinéma français constitue un enjeu économique majeur. En 2014, les films français ont fait 111 millions d’entrées, soit 640 M€. Je rappelle ici le succès rencontrés récemment dans le monde entier, y compris au Cambodge, par des films tels que « The Artist » et « Intouchables ».

L’Institut français du Cambodge entend participer à l’organisation d’événements de type commercial- avant-premières, festivals, accompagnement des sorties commerciales et s’intégrer dans le réseau des salles locales qui projettent les films en première exclusivité et ne pas se priver de projeter des films à grand succès comme les « Minions » en octobre, quand la qualité est au rendez-vous.

Mais le facteur économique n’est pas la seule motivation à ce soutien au cinéma. L’enjeu culturel ou plutôt de la diversité culturelle est également à l’œuvre. Industrie, le cinéma est aussi un art qui non seulement nous fait rêver, nous divertit mais encore nous ouvre les portes du monde. Il nous fait voyager dans ce monde, abolissant le temps et l’espace, il nous conduit également à l’interroger en témoignant du passé ou en fixant le présent.

C’est aussi cette dimension du cinéma que les instituts français ont pour fonction de promouvoir. Ainsi l’Institut français du Cambodge participera dès début 2016 au programme « Education par l’image », destiné à former le jeune public.Un ciné-club est créé dont la première séance, animée par Davy Chou, aura lieu le 25 septembre et proposera « Pierrot le Fou » de Jean-Luc Godard. Des grands classiques seront ainsi régulièrement présentés aux côtés de films d’auteurs récents français, francophones et des cinématographies du Sud.

C’est pour souligner l’importance qu’il accorde à cette mission que l’Institut français du Cambodge a souhaité que Rithy Panh soit le parrain de cette inauguration et choisisse les films qui marquent le lancement de cette nouvelle politique. Rithy Panh consacre son œuvre cinématographique à transmettre et à témoigner. Il filme avec art pour lutter contre l’oubli et, pour reprendre ses propres mots, pour contribuer à « la renaissance d’un pays ». Il est aussi le symbole d’un autre cinéma, ambitieux, qui entend célébrer la diversité des points de vue et des approches culturelles.

Rithy Panh vient de vous exposer sa démarche et les raisons pour lesquelles il a choisi de vous montrer des films de Patricio Guzman et de Joshua Oppenheimer. Je n’y reviens pas.

Avant de conclure, je tiens à mentionner, Madame la Ministre, l’accord de coproduction cinématographique entre la France et le Cambodge signé fin 2013, en souhaitant que celui-ci permette la mise en œuvre de nombreuses collaborations à l’exemple du film « Le temps des aveux » de Régis Wargnier, et favorise la conclusion d’accords entre écoles et organismes de formation.

Je tiens à saluer à cette occasion les équipes du Centre d’archives audiovisuelles Bophana, de Cambodia Living Arts et de Season of Cambodia qui sont les initiateurs de Acts of Memory 2015, une commémoration du 17 avril 1975 à travers une série d’événements dont La Carte Blanche à Rithy Panh et bien sûr, l’équipe de l’Institut français du Cambodge pour son travail et pour son investissement au service de la devise qui orne son fronton, « La culture en partage ».

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/09/2015

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