L’artiste peintre Vann Nath, l’un des derniers rescapés du terrible centre de détention khmer rouge S-21, est décédé hier à Phnom Penh, au Cambodge. Avec lui disparaît l’un des témoins les plus actifs des atrocités et des crimes du régime khmer rouge, d’avril 1975 à janvier 1979, qui auraient fait entre 1,5 à 2 millions de victimes au sein de la population cambodgienne.
Son engagement personnel, à travers son œuvre artistique et son témoignage, notamment lors du procès de Kaing Gaek Eav, dit Duch, l’ancien directeur du S-21, a vivement contribué au travail de mémoire, en particulier à l’égard des jeunes générations de Cambodgiens. Nous saluons sa personne et son action et exprimons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et amis, ainsi qu’au gouvernement et au peuple cambodgien.
Dans ce contexte, il importe aujourd’hui que les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, établies avec le soutien des Nations unies, statuent rapidement sur le verdict en appel du cas 001 concernant Duch, et engagent sans tarder les audiences au fond du cas 002, qui concerne les quatre plus hauts dirigeants khmers rouges encore en vie. Nous devons cette vérité aux victimes, aux derniers survivants et à l’ensemble du peuple cambodgien.
