Colloque sur l’émergence du droit de l’environnement en Asie du Sud-Est (15/03/2017)

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Chers Professeurs,
Chers Maîtres,
Chers étudiants,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux d’être parmi vous ce matin à l’Institut français du Cambodge, lieu de culture, d’échange et de partage, à l’occasion de l’ouverture de ce colloque consacré à l’émergence du droit de l’environnement en Asie du Sud-Est.

Ce colloque organisé par l’Association des Juristes en Affaires Internationales de
Phnom Penh me donne en effet l’occasion de rendre hommage au travail réalisé par les étudiants du master de Droit des Affaires Internationales de l’Université Royale de Droit et Sciences Economiques (URDSE). C’est aussi l’occasion de saluer les étudiants venus d’Ho-Chi-Minh Ville où ils suivent le même cursus ainsi que tous les partenaires, notamment les cabinets d’avocat et les professionnels du droit, dont certains sont membres de l’Association Henri Capitant Cambodge, qui ont bien voulu apporter leur soutien à cette manifestation.

Comme vous le savez, la coopération universitaire fait partie, et ce depuis la décennie quatre-vingt-dix, des priorités de l’action de la France au Cambodge. Grâce à l’appui technique et financier de la France, les filières francophones de droit et de sciences économiques de l’URDSE ont pu se développer et acquérir un véritable statut international, comme en témoigne votre présence à tous. Je me réjouis de la pérennité et de la qualité des partenariats entre l’URDSE et les universités françaises, parmi lesquelles l’Université Paris 2 Panthéon Assas, représentée par le Professeur Alain Ghozi.

Grâce à cette coopération, de nombreux étudiants diplômés au Cambodge depuis 2010 sont devenus des juristes reconnus et exercent ici, à Phnom Penh. Certains d’entre eux sont présents ce matin et j’espère que tel sera également le cas le 5 avril prochain à l’URDSE, lors de l’événement France Alumni droit-économie. Cette manifestation mettra à l’honneur la coopération universitaire franco-cambodgienne dans ces disciplines, les diplômes d’universités françaises délocalisés au Cambodge ainsi que les anciens boursiers du gouvernement français, pour beaucoup aujourd’hui docteurs en droit.

Ce colloque est l’occasion de souligner le dynamisme et la pertinence des étudiants du master de Droit des Affaires Internationales, qui ont choisi un thème important et combien actuel, le droit de l’environnement en Asie du Sud-Est. Ce sujet revêt une dimension toute particulière dans une région très exposée au dérèglement climatique et dont la croissance économique est de surcroît largement tributaire des ressources naturelles. Celles-ci représentent en effet plus de 20 % de la richesse de cette région et leur exploitation, notamment celle des énergies fossiles, occasionne de graves atteintes à l’environnement.

Le Cambodge, tout comme ses voisins, fait face à d’importants défis environnementaux parmi lesquels la déforestation et le changement climatique. Mais le Royaume fait également partie des États qui ont ratifié l’Accord de Paris sur le climat dès la fin de l’année 2016. Ses engagements dans ce cadre portent à la fois sur une réduction des gaz à effets de serre et une progression de la couverture forestière. Pour ce faire, le Cambodge s’est doté d’un plan stratégique de lutte contre le changement climatique. Il a également adhéré à l’Accord-cadre fondant l’Alliance solaire internationale et un code de l’environnement devrait entrer en vigueur dans quelques mois.

La France, à travers l’Agence Française de Développement, soutient de nombreux projets destinés à promouvoir l’environnement, la résistance au changement climatique et la croissance durable du Cambodge. Ce thème était d’ailleurs au cœur des débats lors d’un colloque sur la ville durable organisé conjointement le 24 février dernier par l’Ambassade et par Business France. A cette occasion, les entreprises françaises présentes ont témoigné de leur engagement et proposé des solutions susceptibles d’accompagner le Gouvernement royal dans sa stratégie de développement durable. Celles-ci concernent la gestion des ressources en eau, la production et la consommation raisonnée de l’énergie, les transports en commun mais aussi le traitement des déchets et la construction performante.

C’est dire que vos réflexions et travaux au cours de cette journée sont les bienvenus. Le droit de l’environnement permet d’édicter des principes communs à l’échelle de la planète, expression d’une solidarité mondiale rendue nécessaire par la globalité des problèmes d’environnement. Il doit conduire, selon le préambule de la Déclaration de Rio, à instaurer « un partenariat mondial sur une base nouvelle » en reconnaissant que « la Terre, foyer de l’humanité, constitue un tout marqué par l’interdépendance ».

Je forme le vœu que vos échanges soient fructueux et fassent naître parmi vous, chers étudiants, les vocations de juriste de l’environnement dont notre planète a besoin pour un développement harmonieux et équitable, conformément aux objectifs du millénaire pour le développement.

Je vous remercie.

Dernière modification : 15/03/2017

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