Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’Ordre national du Mérite à Madame Béatrice Montariol (05/12/2016)

JPEG

Excellence M. Sonn Soubert,
Chère Béatrice Montariol,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

J’ai encore le souvenir de la surprise de Béatrice Montariol lorsque je lui ai annoncé qu’elle avait été nommée Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

Cette réaction d’incrédulité reflète, me semble-t-il, un trait de sa personnalité qui ne se caractérise pas par la recherche des honneurs. Au cas où, aujourd’hui encore, elle ne saurait toujours pas pourquoi la République française a décidé de la distinguer, ce sera un plaisir pour moi d’en donner les raisons devant vous qui êtes ses invités, donc ses proches, ses amis, ses partenaires.

Il me faudra pour cela, comme le veut la tradition, retracer en quelques mots son parcours.

Chère Béatrice Montariol,

S’il fallait vous résumer en une phrase, ce serait pour dire que l’éducation est votre passion. Vous en avez fait votre métier et avez commencé votre carrière en enseignant dans le primaire en France au début des années 80. Et puis votre vie a pris un tournant lorsque vous avez effectué une première mission humanitaire dans un camp de réfugiés cambodgiens à la frontière khméro-thaïlandaise. Cette expérience a été déterminante puisqu’elle a signalé le début de votre engagement de long terme en faveur du Cambodge et de sa jeunesse.

En 1992, alors que, après 20 ans de guerre, le système éducatif du Royaume est à reconstruire, vous décidez d’apporter votre expertise d’enseignante et de pédagogue afin de développer sur place la lecture au bénéfice, notamment, des populations rurales et défavorisées.

A la faveur du retour de la paix suite aux Accords de Paris, vous rejoignez donc le Cambodge dans le cadre du SIPAR - Soutien à l’Initiative Privée pour l’Aide à la Reconstruction des pays du sud-est asiatique. Au cours des vingt dernières années, vous y avez exercé diverses responsabilités. En zone rurale d’abord, dans la province de Prey Veng, où vous partagez les conditions de vie difficiles de la population au sortir de la guerre pour former les instituteurs. Plus tard, à Phnom Penh, vous coordonnez avec succès le projet européen PASEC d’appui à la formation des Maîtres.

Au cours de la période récente, vous avez également accompagné la diversification et l’extension des activités de l’association en milieu carcéral, dans les usines textiles et dans des zones rurales ou urbaines défavorisées grâce aux « bibliobus ».

Désormais, vous occupez au SIPAR les fonctions de consultante en éducation et développement de projets, ce qui vous permet de continuer à apporter ce dynamisme, cette générosité et cette humanité qui vous caractérisent.

Je souligne aussi que vous avez joué un rôle clef pour le transfert des compétences et de la gestion de l’organisation à des équipes cambodgiennes et j’ai plaisir à saluer son directeur HOK Sothik, qui, avec toute son équipe, a fait que l’ONG est aujourd’hui devenue une référence pour son action dans le domaine de l’éducation, de la promotion de la lecture et de la lutte contre l’illettrisme. Je suis heureux que le SIPAR ait pu bénéficier, tout au long de ces années, d’un soutien important de la coopération française, qu’il s’agisse de l’ambassade ou de l’Agence française de développement.

Chère Béatrice Montariol,

Ce trop bref rappel montre que votre parcours a été presque entièrement consacré à ce qui est l’un des principaux enjeux du Cambodge et qui est aussi au centre de l’action de la France : la reconstitution de ressources humaines nécessaires au développement social et économique. Telle est d’ailleurs la belle devise du SIPAR : « lire et instruire pour construire l’avenir ».

Cet engagement a créé des liens très forts avec ce pays qui nous accueille et dont vous parlez bien la langue, comme j’ai pu le constater lors du concours d’éloquence en khmer auquel vous avez participé avec succès en 2015.

Vous êtes également un membre actif de notre communauté. On vous voit souvent à l’Institut français du Cambodge et nous avons pu aussi découvrir vos talents de comédienne au sein de la troupe de théâtre francophone de Phnom Penh et dont les spectacles sont joués au bénéfice d’organisations de solidarité, dont le SIPAR et Taramana.

A travers vous et au-delà du SIPAR, la République souhaite aussi rendre hommage au remarquable travail effectué par de nombreuses organisations de la société civile, particulièrement dynamiques au Cambodge.

Voilà donc les services et l’engagement que les autorités françaises ont voulu reconnaître en vous décernant cette distinction honorifique créée, je le rappelle, en 1963 par le Général de Gaulle pour récompenser les services distingués de personnalités françaises et étrangères.

Béatrice Montariol, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés, nous vous faisons Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Dernière modification : 06/12/2016

Haut de page