Cérémonie d’ouverture du congrès scientifique de l’Université des Sciences de la Santé à l’occasion de son 70ème anniversaire (16/06/2016)

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Excellence, Monsieur le Ministre de la Santé, Dr MAM Bun Heng,
Excellence, Dr Pich Chanmony, membre du conseil d’administration du T.Y.D.A.,,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Secrétaires d’Etat et Sous-Secrétaires d’Etat du Ministère de la Santé,
Dr Dong-Il Ahn, représentant de l’OMS au Cambodge,
Excellence, Monsieur le Recteur de l’Université des Sciences de Santé, Professeur SAPHONN Vonthanak,
Messieurs les Doyens,
Mesdames, Messieurs les Vice-Doyens et Directeurs des Facultés, Ecoles et Départements de l’Université des Sciences de Santé,
Professeur Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine,
Professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales,
Mesdames, Messieurs les Professeurs,
Chers docteurs,

Je suis très honoré d’avoir été invité à m’exprimer devant ce parterre prestigieux à l’occasion du 70ème anniversaire de l’Université des Sciences de la Santé du Cambodge.

Célébrer un anniversaire, c’est se souvenir du passé mais aussi se réjouir du présent et surtout se tourner vers l’avenir.

1946 – 2016 :permettez-moi d’évoquer avec vous quelques dates qui ont jalonné les 70 dernières années, tant elles sont liées à l’histoire entre le Cambodge et la France. En 1946 était créée l’École des Officiers de Santé, quelques années avant l’hôpital Calmette voisin. Cette École est devenue en 1953 l’École Royale Cambodgienne de médecine. En 1962, elle devenait la Faculté de Médecine et Pharmacie, élargie en 1971 à l’odontostomatologie et aux sciences paramédicales. L’Université a survécu aux années terribles du régime Khmer rouge pour redémarrer en 1980. En 1997, elle est devenue l’Université des Sciences de la Santé, que nous connaissons aujourd’hui.

Au-delà de la chronologie de l’Université, je souhaite saisir cette occasion pour honorer la mémoire des femmes et des hommes qui en ont fait l’histoire. Je pense en particulier aux fondateurs cambodgiens et français de 1946 et aux recteurs successifs qui l’ont dirigée depuis sa création. J’ai aussi une pensée pour les femmes et les hommes qui ont perdu la vie dans les années soixante-dix pour avoir été engagés comme professionnels de santé et formateurs de l’Université ainsi que pour celles et ceux qui l’ont rebâtie avec courage et détermination ces 40 dernières années.

Tout au long de son histoire, l’Université a pu compter sur de fidèles soutiens, dont celui de la France. Depuis la refondation, la France a en effet collaboré avec d’autres partenaires à la formation des formateurs, au renforcement des infrastructures et au développement de la recherche. Depuis 2000, l’appui de la France à l’Université a pris la forme de trois projets dans le cadre du « Fonds de Solidarité Prioritaire » financés par notre Ministère des Affaires Etrangères ; de très nombreuses bourses de mobilité ont été accordées à des étudiants et à des formateurs ; mon pays a également apporté une assistance technique dont la qualité a été saluée par nos partenaires cambodgiens. Cet appui a permis l’autonomisation de l’Université ainsi que la formation spécialisée en France de quelque 600 professionnels de santé.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur,

Depuis ma prise de fonction comme Ambassadeur de France au Cambodge, j’ai eu à plusieurs occasions le plaisir de vous rencontrer et de participer à la vie de l’Université, qu’il s’agisse de la visite, en mai 2015, de Mme Annick Girardin, secrétaire d’Etat chargée du développement et de la francophonie, de l’inauguration des Laboratoires de Simulation ou de biens d’autres événements. J’ai ainsi pu constater l’ambition et le dynamisme de l’Université, et ce, sous votre impulsion, Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur, ainsi que grâce au travail remarquable de toutes vos équipes.

Dans le cadre du Plan Stratégique 2014-2018, vous avez souhaité initier des changements dans les domaines de l’innovation pédagogique, de la recherche et de la gouvernance. Vous avez également décidé d’investir de manière stratégique dans le développement des ressources humaines et des infrastructures.

La France se réjouit tout particulièrement des résultats obtenus dans le cadre du dernier Fonds de Solidarité Prioritaire. Je pense en particulier au nouveau Programme International, aux Laboratoires de Simulation et au Centre d’Examens Informatisés. Ces réalisations illustrent tout à la fois l’innovation pédagogique, le progrès technologique et l’ouverture à l’international de l’Université, au service des étudiants et des enseignants, mais in fine pour des soins de meilleure qualité à l’ensemble de la population du Cambodge.

Voici pour le passé et le présent. Ce qui est encore plus important, c’est que l’Université des Sciences de la Santé est résolument tournée vers l’avenir. Au nom de la France, et en associant les partenaires internationaux rassemblés ici ce soir, permettez-moi, Excellences, Chers amis, de formuler des vœux pour son avenir, tant au plan national que régional et international.

Au plan national tout d’abord, que l’Université soit reconnue comme l’établissement d’enseignement supérieur et de recherche leader en sciences de la santé au Cambodge. Telle est sa vocation naturelle et elle en prend, me semble-t-il, clairement le chemin. Mais ce chemin passe notamment par une mise en réseau avec les hôpitaux publics, qu’il s’agisse du soin, de l’enseignement ou de la recherche.

Au plan régional et international, que l’Université devienne actrice et vectrice d’innovation en enseignement supérieur et en recherche dans les sciences de la santé, au sein de l’ASEAN, et dans le réseau mondial des universités.

Il faut pour cela que l’Université et ses partenaires continuent d’œuvrer ensemble à la consolidation du Réseau International, en travaillant en synergie aux priorités stratégiques de l’établissement. À cet égard, je tiens à saluer et encourager les partenaires venus de France, qu’il s’agisse des représentants des Universités d’Aix-Marseille, Angers, Lyon, Paris Descartes, Pierre et Marie Curie, Strasbourg, Toulouse, des représentants des Centres Hospitalo-Universitaires d’Angers ou de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et aussi de ceux des fondations et organisations non gouvernementales, parmi lesquelles les fondations Mérieux et Pierre Fabre. Leur présence ce soir illustre bien les liens particuliers noués de longue date entre nos deux pays, liens au sein desquels la santé a toujours occupé une place importante.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur, vous avez décidé de commémorer le 70 ème anniversaire de l’Université par une conférence scientifique. J’y vois un signe de la place que vous souhaitez accorder à cette dimension essentielle de la vocation d’un établissement d’enseignement supérieur : la recherche.

Le programme de cette conférence s’annonce particulièrement stimulant, reflétant la diversité et la richesse des courants de recherche de l’Université avec ses partenaires : Je rappelle que les les experts et chercheurs français œuvrant au Cambodge dans ces différents domaines sont nombreux et actifs : ils relèvent de l’ANRS, de l’IRD et bien sûr de l’Institut Pasteur. Je tiens à saluer tout particulièrement la présence parmi nous du Professeur Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine, dont la fidélité au Cambodge ne s’est jamais démentie.

Et parce que la recherche est plus que jamais globale, je salue également l’engagement conjoint des autres partenaires internationaux de l’Université afin de consolider les capacités de formation à et par la recherche au Cambodge.

Je forme des vœux pour le succès de votre conférence, en souhaitant qu’elle débouche sur de fructueuses collaborations, porteuses d’avenir dans le domaine de la santé.

Je vous remercie.

Dernière modification : 17/06/2016

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