Allocution de l’Ambassadeur au dîner de gala de la CCIFC (11/10/2016)

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Excellence M. KEAT Chhon, ancien Vice Premier Ministre et ministre de l’Economie et des finances,
Samdech, Altesses Royales,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement Royal du Cambodge et des assemblées parlementaires,
Monsieur Thierry Mariani, député des Français de l’Etranger,
Monsieur Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles de Gaulle,
Chers collègues du corps diplomatique,
M. Guillaume Massin, président de la Chambre de commerce et d’industrie France Cambodge,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je remercie la Chambre de commerce et d’industrie France Cambodge qui nous réunit ce soir à l’occasion de ce dîner de gala placé sous le signe de la commémoration du 50ème anniversaire de la visite du général de Gaulle au Cambodge.

Je suis très sensible à la présence de Son Excellence M. KEAT Chhon, ancien vice Premier Ministre et ministre de l’économie et des finances, grand témoin de l’histoire et dont le nom apparaît dans nos archives de la visite du général de Gaulle. Je remercie aussi les membres du Gouvernement Royal du Cambodge et les nombreuses personnalités cambodgiennes qui ont bien voulu accepter notre invitation. Je sais gré aussi à M. Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles de Gaulle, d’avoir fait le déplacement de Phnom Penh pour l’occasion. J’ai plaisir enfin à saluer la présence de M. Thierry Mariani, député représentant les Français de l’Etranger dans la plus vaste circonscription du monde.

Il a beaucoup été question d’histoire depuis deux jours et nous avons eu l’occasion de revenir sur la portée historique de la visite qui reste, dans l’esprit de beaucoup, associée au « discours de Phnom Penh » prononcé par le général au stade olympique devant plus de 100 000 personnes. On le sait, ce discours, l’un des plus mémorables du fondateur de la Vème République, s’inscrivait dans le contexte régional et international de l’époque marqué par la guerre au Vietnam. Mais la visite, la seule effectuée en Asie par le général de Gaulle pendant toute la durée de sa présidence, comportait un aspect bilatéral important et a constitué un point haut des relations entre le Royaume et la France.

Certes, il s’agissait avant tout d’une visite de nature politique et sa dimension économique a sans doute pu apparaître mineure. Pour autant, le communiqué conjoint publié le 2 septembre 1966 au terme de la visite notait que « dans le domaine économique et commercial, les échanges entre les deux pays ont évolué favorablement. Cette évolution résulte en particulier de l’Accord de coopération économique et financière conclu le 4 juillet 1964 à l’occasion de la visite en France du chef de l’Etat cambodgien et qui a prévu une aide de la France pour l’extension du port de Sihanoukville, l’achèvement de la voie ferrée reliant le port à la capitale et la construction de la raffinerie de Sihanoukville. »

Nos archives de l’époque, et notamment les notes préparées par les services de l’ambassade et le Quai d’Orsay, contiennent par ailleurs des informations intéressantes sur les relations économiques entre nos deux pays. Nos importations concernaient alors essentiellement trois produits : le caoutchouc, le riz et le poivre. Nos exportations étaient plus diversifiées : aux côtés de la pharmacie, des produits alimentaires et des articles de librairie, secteurs traditionnels, on notait une augmentation de nos ventes de fer et d’acier, d’appareils électriques et mécaniques, d’automobiles et de cycles.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Comme toujours, l’histoire ne sert que si elle éclaire le présent et l’avenir, vers lesquels je vais me tourner maintenant.

Tout d’abord pour me réjouir que, comme en 1966, nos relations économiques « évoluent favorablement », qu’il s’agisse de nos échanges commerciaux ou de nos investissements.

Pour les douze derniers mois, selon les données des douanes françaises, qui, on le sait, ne prennent pas en compte les flux transitant par des pays tiers comme Singapour ou Hong Kong, les échanges commerciaux entre nos deux pays ont atteint 874 millions de dollars, une hausse de 66 % par rapport à 2014. Nos importations de produits cambodgiens, issus pour l’essentiel de l’industrie textile, ont poursuivi leur vive expansion, doublant pratiquement en deux ans. Dans le même temps, nos exportations ont réalisé en 2015 leur meilleure performance depuis dix ans avec à la fois une progression de près de 30 % pour atteindre 88,4 millions d’euros et une diversification au-delà des secteurs traditionnels que sont la pharmacie et l’agroalimentaire. Ces tendances se poursuivent en 2016, renforçant la place de la France au rang des principaux partenaires commerciaux européens du Cambodge.

Parallèlement, les investissements des entreprises françaises progressent régulièrement. C’est le cas de quelques grands groupes comme Vinci, qui a consolidé cette année sa présence avec l’extension et la modernisation des aéroports de Phnom Penh et de Siem Reap, comme Total, qui continue à développer un réseau de distribution de carburant de haute qualité, ou encore comme LVMH, qui a ouvert un centre commercial de luxe à Siem Reap. Comme vous le savez, la présence économique française est aussi le fait de nombreuses entreprises locales créées par des investisseurs français, notamment dans le secteur des services. Comme le confirment les données de la Banque de France pour 2015, la France est ainsi le premier investisseur européen au Cambodge. Au-delà des chiffres, je note aussi avec plaisir les démarches qualitatives de nos entrepreneurs : nous en verrons quelques illustrations remarquables avec les lauréats du premier concours de responsabilité sociale des entreprises, organisé par notre communauté d’affaires avec le soutien de Son Excellence Sok Chenda et de l’ambassade de France.

De manière générale, je note un intérêt croissant des entreprises françaises pour le Cambodge, du fait notamment de sa forte croissance depuis vingt ans et de son insertion dans la Communauté économique de l’ASEAN, ensemble de plus de 600 millions de consommateurs. J’en veux pour preuve le haut niveau de participation à la séance organisée par le MEDEF International à l’occasion de la visite officielle du Premier Ministre cambodgien à Paris, en octobre 2015, ou encore le nombre croissant d’entreprises françaises, basées en France ou déjà implantées en ASEAN, à Singapour, à Bangkok ou à Ho Chi Minh Ville qui sollicitent les services de l’ambassade pour développer leurs activités au Cambodge.

Je saisis cette occasion pour saluer la montée en puissance des interventions de l’Agence Française de Développement au Cambodge qui vont bien au-delà des secteurs traditionnels que sont l’agriculture, la micro finance ou le traitement de l’eau puisqu’elles se sont progressivement élargies à un nombre croissant de secteurs comme les infrastructures, la formation professionnelle et même la protection sociale, contribuant ainsi à la modernisation de l’économie et de la société cambodgiennes.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Si nos échanges évoluent favorablement, ils restent néanmoins loin de leur potentiel et ne correspondent pas à la qualité du partenariat historique entre nos deux pays. Je souhaite que nous puissions, tous ensemble, œuvrer à leur développement, dans une approche « gagnant-gagnant », comme on aime à le dire au Cambodge ! Je pense notamment à tout ce qui touche la ville durable, à la transition énergétique, à la santé ou encore au numérique, secteurs où nos atouts correspondent aux besoins de l’économie cambodgienne. Je sais pouvoir compter sur votre mobilisation.

Je vous remercie et je vous souhaite une excellente soirée sous le signe de l’amitié entre le Cambodge et la France.

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Dernière modification : 12/10/2016

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