Allocution au vernissage de l’exposition de Séra (06/10/2016)

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Mesdames et messieurs bonsoir, et bienvenue à l’Institut Français du Cambodge où nous sommes réunis ce soir pour l’ouverture d’une exposition exceptionnelle.
Exceptionnelle, cette exposition l’est à double titre.

D’abord parce qu’elle est celle d’un auteur et d’un artiste, SERA, qui est déjà venu à l’Institut à plusieurs reprises. Grâce à son talent, son travail que nous sommes heureux de pouvoir vous présenter ici, a acquis une renommée et une reconnaissance pleinement justifiées.

Exceptionnelle, cette exposition l’est aussi par les thématiques qu’elle aborde et les sujets qu’elle met en avant.

En effet nous allons découvrir dans un entrelacs émouvant, à la fois les planches et les dessins crayonnés de son prochain roman graphique « Concombres amers », mais aussi les étapes préparatoires de la sculpture monumentale intitulée « A ceux qui ne sont plus là ». Ce mémorial, dédié aux victimes des déplacements forcés, conçu dans le cadre des réparations morales décidées en Aout 2014 par le tribunal chargé de juger les principaux responsables du régime Khmers Rouges, a vocation à être installé, je l’espère prochainement, à proximité de l’Ambassade de France à Phnom Penh qui a soutenu financièrement la réalisation de ce projet symboliquement important, aux côtés d’autres contributeurs institutionnels et privés.

Ces deux projets qui entretiennent entre eux une parenté évidente, s’inscrivent dans une démarche ambitieuse que SERA a exposée lors de la conférence qu’il vient de donner à l’Institut et que je voudrais saluer. Il s’agit de donner corps, de matérialiser la mémoire d’un épisode tragique de l’histoire récente du Cambodge par l’édification d’une sculpture monumentale, mais aussi au travers d’une œuvre graphique et picturale d’éclairer à la lumière des faits, comme le ferait un historien, ce que furent les années ayant conduit au génocide. L’art sous ses diverses formes devient ici un moyen de dialoguer avec le passé et de restituer la mémoire.

Ce double travail accompli par SERA doit être salué en ce qu’ il tente, dans le respect de la mémoire de « ceux qui ne sont plus là », de rappeler, et notamment aux jeunes générations, cette majorité de la population née après l’épisode tragique des Khmers Rouges, combien la connaissance de l’histoire est indispensable à la compréhension du présent et à la construction d’un avenir pacifique.

Je souhaite que de nombreux visiteurs viennent à l’Institut Français prendre connaissance du travail de SERA.

Je vous remercie.

Dernière modification : 11/10/2016

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